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korydwenn lafée

korydwenn lafée

Venez trouver ici un peu de mythologie .... Un peu d'art et de féérie...

Publié le

Ils arrivent !

Terré comme des bêtes, un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants attend patiemment l’issue de la bataille. Rien n’est encore joué, ils entendent au dessus de leurs têtes, à l’extérieur, le bruit assourdissant des créatures qui rassemblent leur armée aux portes de la cité. Au-delà, les chasseurs solitaires et affamés se sont massés, troupes incohérentes et improbables, ils ont unis leurs forces pour renverser la colonie.

Dans un coin de la grande salle souterraine qui sert d’enclos aux humains, un homme plus âgé que les autres semble serein et calme, malgré l’agitation et la sourde panique des autres. Un garçon se dirige vers lui ...
“ - Que va-t-il se passer ?” demande-t-il alors a l’homme.
Celui-ci se tourne vers lui , étonné d’entendre ce garçon d’ordinaire si discret, et surpris par la question.
“ - Oh, mon jeune ami, j’ai vu tant de choses ces dernières années , que je serais bien incapable de prédire l’avenir ... Certainement rien de bon pour nous ...”
Et d’ajouter dans un murmure :
“ - De toute façon , le temps des hommes est révolu...
- Le temps des hommes ? Que veux tu dire ?”
L’homme réfléchit un instant... Cela fait si longtemps qu’il n’a parlé a personne de tout cela et c’est peut être sa dernière occasion ... Mais a quoi bon ?
“ - Tu es jeune et tu n’as certainement connu que la servitude auprès de ces créatures ... ceux de mon âge se font rare aujourd’hui, et encore plus rare sont ceux qui parleraient du passé...
- En effet, je ne sais rien ... Ces créatures m’ont trouvé dans les plaines; elles m’ont nourri et parqué ici depuis de nombreuses lunes. Elles m’ont dressé à effectuer les taches qui requièrent l’utilisation de nos mains et de nos pouces ... et je parle rarement aux autres.”

A la surface, le vacarme a cessé. La nuit est tombé sur la colonie et ils ne se battront pas ce soir. Alors que des groupes familiaux se forment aux différents coins de la pièce, pour passer la nuit , le garçon s’installe aux pieds de l’homme. Surpris et touché par cette soudaine proximité, l’homme regarde le garçon et remarque à quel point il semble curieux et vif.

“ - Je ne veux pas dormir ... Raconte moi ton histoire vieil homme.”
L’homme cherche ses mots, par où commencer ? Peu importe après tout ...
“ - Sais-tu mon garçon, qu’autrefois, bien avant que tu naisses dans ce monde sombre , glacé et dangereux, le soleil brillait et les humains dominaient le monde ? Ces créatures, si imposantes et dangereuses aujourd’hui, n’étaient alors pas plus grande que ces graines que nous collectons pour elles !
- C’est une fable grand père ! Je ne suis plus un enfant, tu te moques de moi ou tu deviens fou !
- Non mon garçon, c’est la vérité. L’homme veut oublier cela et ne veut pas prendre ses responsabilités face à ce désastre : pourtant , c’est bien lui qui a engendré ce nouveau monde !
- Dis m’en plus ! Comment ces créatures ont pu devenir si grandes ?
- Ces créatures, les insectes, comme nous les appelions, ont connus de grandes variations de taille au fil des millions et milliards d’années d’évolution de notre planète. Certaines ont déjà été de très grande taille, mais il n’y avait pas d’humains dans ce très lointain passé. Les insectes ont traversé les âges et réduit en taille, ainsi quand les hommes dominaient le monde, nous pouvions les écraser sous nos pieds ! Certains garçons de ton âge prenaient d’ailleurs un malin plaisir à les torturer ou les estropier.
- Comme je voudrais pouvoir le faire ! S’exclame le garçon.
- Ne dis pas cela ! C’est l’homme qui a joué avec le feu et qui nous a mis dans cette situation, les insectes n’ont fait que profiter de l’opportunité. De plus, tu n’es pas si mal tombé, crois moi. Certes nous ne sommes pas libres, mais ailleurs nous serions morts.” L’homme s’interrompit, perdu dans ses pensées.
“ - Mais a quoi bon vivre comme des esclaves ?” , s’interroge le garçon.
“ - Autrefois , avant le grand changement, nous disions - Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !- ET puis nous avons survécu jusqu’ici ! Cette colonie de fourmis végétarienne nous a sauvé ! Elles se servent de nous pour les aider, mais elles nous protègent au coeur de leur cité, nous nourrissent et surtout ne nous mangent pas. A l’extérieur de ces murs , il y a d’autres sortes de fourmis, certaines sont carnivores et élèvent les humains pour les dévorer : ils ne sont que du bétail ! Sans parler des termites, encore plus grandes et plus brutales, qui nourrissent leurs larves de nos propres petits. ET puis , il y a les chasseurs solitaires des plaines désertiques. Ceux-là même qui sont réunis aux portes de la cité. Ceux là même qui ont décider de faire une alliance inattendue et contre nature : les scorpions et les araignées. J’ai remarqué depuis quelques temps que ces créatures isolées, évoluaient et semblaient avoir compris que que les colonies d’insectes recelaient beaucoup plus de ressources que ce qu’ils pouvaient trouver, en prédateur solitaire, dans les zones désertiques. Elles ont déjà essayer de les attaquer, elles sont beaucoup plus grandes que les fourmis, mais une contre des centaines , elles n’ont jamais gagnées !
- Oui ! J’ai déjà vu les fourmis se lancer sur une de ces abominables créatures et la découper alors qu’elle s’agitait encore. En quelques minutes, il n’en restait rien !” Le garçon était passionné par l’histoire de l’homme, et même grisé.
“- Je pense que ces sales bestioles ne trouvent plus rien d’autres que leurs congénères à dévorer, ce qui n’est pas chose aisée, car leurs territoires sont vastes et elles se croisent rarement. De plus, quand elles se reproduisent, elles tuent le mâle et finissent généralement par mourir en nourrissant leurs petits de leur chair. Il y a quelques temps, alors que je cheminais seul, j’en ai vu manger leurs petits a peine sortis de l’oeufs !”, il allait poursuivre, quand le garçon l’interrompit :
“- Vous avez voyagé seul longtemps ? Comment avez vous survécu ?
- Nous n’avons pas beaucoup de temps et j’ai beaucoup de choses a te dire, fils, alors je dirais juste... oui , j’ai voyagé , je n’ai jamais supporté l’esclavage longtemps, même si j’y revient toujours finalement, par facilité. Alors , j’ai servis dans plusieurs colonies et j’ai eu des périodes de fuite dans des zones dangereuses. Il n’y a plus d’êtres humains dans ces zones... Ils ont tous été irradiés et sont morts dévorés ou malades. Ceux qui ...
- Irradié ? Je ne comprends pas tous tes mots ...
- Personne ne t’a jamais parlé de ça ? Tu ne connais pas ce mot ? Nucléaire ... ça te dis quelque chose ?” L’homme réalise devant le regard interloqué du garçon , que celui-ci ne comprends pas.
“ - Disons pour faire simple , que l’homme a voulu jouer les dieux en possédant la puissance du soleil, dans le creux de sa main. Mais, cette puissance n’était pas sans danger, si on en perdait le contrôle ou l’utilisait comme arme, elle devenait mortelle. Tous les êtres vivants possédaient un peu de cette puissance en eux, mais ils furent exposé a des nuages mortels de cette énergie et la surdose les a tué vite ou lentement... Ou ça les a changé, comme pour les insectes, qui, générations après générations grandissaient de façon spectaculaire.
- C’est pour ça que tu disais que l’homme était responsable ? C’est l’homme qui a donc perdu le contrôle ?
- Oui, tu me comprends bien. J’ai vécu tous ces changements, qui ont commencé au milieu du 20ème siècles, et moi, je suis né en 1969, quand l’homme a conquis l’espace ! C’était une ère de course à la technologie, à l’armement, à la recherche scientifique... Nous avions tout, mais nous voulions plus. Les dirigeants voulurent enfermer cette puissance pour en faire de l’énergie et construisirent près des hommes de véritables bombes a retardement, qu’ils appelèrent des centrales. Ou pire, ils l’utilisèrent comme arme contre leurs semblables. Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl sont d’anciennes cités humaines, détruites par le feu radioactif des hommes. Ils essayèrent même leurs joujoux dans des lieux paradisiaques et uniques qu’ils polluèrent à jamais. La pollution était partout : dans la terre , dans l’air , dans l’eau ! Radioactivité, marées noires, pluies acides, guerres chimiques, manipulations génétiques... De nouvelles maladies se propageaient, mais on nous certifiait que rien n’était grave... Les nuages radioactifs ne survolaient que les zones non habitées ...ET comme l’homme continuait dans sa folie , la terre, notre belle planète bleue, se révolta ! Elle trembla, cracha du feu, englouti des peuples entiers. Et les hommes se battirent pour des territoires de plus en plus restreint, diminuant encore les rangs de notre race, alors que d’autres espèces prenaient leur essor, favorisé, eux, par la radioactivité. La plupart des survivants se réunirent dans les grandes villes et se cachèrent dans les sous-sols, là ou la radioactivité était moins forte. Mais cela attira les colonies d’insectes : nos villes en ruines pouvaient devenir leurs cités florissantes...Et tout cela livré avec le petit déjeuner - ou, au mieux, de la main d’oeuvre- : nous , les êtres humains !”

L’homme ne semble plus parler pour le garçon , mais pour lui même. Il est presque fiévreux, et parle vite, comme si le temps lui manquait pour livrer son témoignage... son testament. Le garçon pose alors sa main sur le genoux de l’homme :
“ - Merci grand-père ...Merci ...
- Pourquoi merci ?” L’homme a retrouvé son calme, il plonge dans le regard de ce garçon entre deux âges...
- Je n’ai aucun parent et les seules créatures qui se sont occupées de moi sont ces fourmis ...pas très causantes. J’ai beaucoup écouté les humains et c’est comme ça que j’ai appris à parler, mais je n’ai jamais eu l’occasion qu’on me parle a moi ... Qu’on me raconte une histoire , comme je voyais certaines mères le faire pour leurs petits.
- Ce n’est pas juste une histoire, fils, c’est notre histoire !
- Tu crois que la Terre punie l’homme ?
- A certaines périodes, la Terre semble avoir changé son “plan” ... Certains disaient que c’était dieu... Et l’homme n’y est pas pour rien non plus cette fois... Alors , vas savoir ! Mais n’oublie pas notre histoire . Je suis âgé et je vais peut être mourir au matin, mais toi ... Toi , tu dois vivre, même esclave, pour pouvoir un jour t’échapper ... Peut-être que la Terre changera encore son plan, et les humains devront saisir leur chance et ne pas recommencer les mêmes erreurs... Alors raconte leur...”

A travers les racines qui s’infiltrent dans le plafond de leurs abris souterrain, le garçon distingue la timide et pâle lueur du jour... Un bruit sourd se fait entendre, faisant trembler le sol. Les fourmis se mettent en place derrière les murs de l’enceinte et entament leurs litanie de craquements et de grincements. Puis, plus un bruit. Elles sont prêtes. A l’extérieur de la cité, règne
le même silence.
Soudain, le fracas des mandibules et des innombrables pattes des ennemis retentit !

“ - Ils arrivent !” souffle le vieil homme.

Texte protégé de Caroline Romain/ Korydwenn LaFée.

dessin de l'artiste Christopher Burdett.

dessin de l'artiste Christopher Burdett.

Ce texte n'est pas nouveau et demande a être retravaillé, mais comme je n'ai pas publié grand chose ces derniers temps ... Donnez moi vos impressions, histoire que je puisse le retravailler efficacement, merci à mes rares lecteurs ;-)

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plombier paris 29/12/2014 08:18

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

serrurerie paris 20eme 20/12/2014 19:20

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